Quand MesLacets.fr est passée sous PrestaShop en juin 2024, après treize ans sur une autre plateforme, je savais que la version standard ne suffirait pas. Une boutique de lacets, ce sont des centaines de combinaisons de formes, de couleurs et de longueurs, et des clients qui ne savent pas toujours quelle taille choisir.
Deux ans plus tard, la boutique s’appuie sur une trentaine de modules et de scripts automatiques que j’ai développés moi-même. Voici ce qu’ils font, et surtout les principes qui permettent de personnaliser PrestaShop sans le rendre fragile.
Règle n° 1 : ne jamais toucher au cœur de PrestaShop
La tentation est grande de modifier directement les fichiers de PrestaShop pour obtenir un comportement précis. C’est la meilleure façon de rendre chaque mise à jour risquée, voire impossible.
Tous mes développements passent donc par des modules, qui se branchent sur les points d’accroche prévus par PrestaShop. Les rares cas où il faut remplacer un comportement natif sont isolés, documentés et réversibles en un clic. Et chaque module qui remplace l’affichage d’une page est conçu pour que, s’il est désactivé ou rencontre une erreur, la page retombe simplement sur son contenu d’origine.
Montrer chaque coloris, pas seulement chaque produit
Par défaut, PrestaShop affiche un produit par vignette, avec ses couleurs en petites pastilles. Pour des lacets, c’est l’inverse qu’il faut : le client cherche d’abord une couleur.
- Une vignette par coloris dans les catégories, chacune avec sa photo et sa propre adresse.
- Un texte rédigé pour chaque couple produit et coloris, ajouté automatiquement en tête de la fiche, pour que chaque page ait un contenu propre aux yeux de Google.
- Des photos de chaussures portant le coloris consulté, pour aider à se projeter.
- Une page promotions qui se construit seule à partir des remises en cours.
Aider le client à choisir
La question qui revient le plus souvent au service client est : « quelle longueur me faut-il ? ». J’ai donc développé un assistant qui mène au bon produit en quatre clics maximum : type de chaussures, forme du lacet, longueur selon le nombre d’œillets, puis couleur, en ne proposant que ce qui est en stock, avec ajout direct au panier.
Pour les clients qui connaissent leur modèle de chaussures, un guide par marques et par modèles indique directement les lacets compatibles. Un guide des couleurs complète l’ensemble. Ces pages sont générées à partir d’une base de données que j’alimente depuis mon back-office, avec prix et stocks toujours à jour.
Faire participer les clients
Les photos de clients valent souvent mieux que les photos produit. Les clients peuvent déposer depuis leur compte une photo de leurs chaussures lacées. Je valide chaque photo, je l’associe au bon coloris, et elle apparaît sur la fiche produit correspondante. Le client reçoit un code de réduction en remerciement, et les plus belles photos rejoignent une galerie dédiée.
Pour que ce dépôt soit simple, l’e-mail qui demande un avis après la commande contient un lien qui connecte directement le client à son compte, valable deux semaines. Après chaque commande, le client se voit aussi proposer l’enquête de satisfaction Google, qui alimente les avis de la boutique.
Automatiser les tâches chaque nuit
Chaque nuit, une seule tâche planifiée enchaîne une série de scripts, dans un ordre qui compte :
- les remises sont recalculées selon le stock de chaque coloris, pour écouler les références surstockées ;
- le cache des filtres est vidé, pour que le filtre de prix reflète ces remises ;
- le flux Google Shopping est régénéré avec les prix du jour ;
- les nouvelles images sont converties au format WebP, plus léger ;
- les plans du site sont reconstruits, puis les pages modifiées sont signalées aux moteurs de recherche via IndexNow ;
- les factures La Poste sont importées, pour comparer chaque mois le coût réel d’affranchissement au coût estimé ;
- enfin, les journaux trop anciens sont purgés pour garder une base légère.
Les prix passent en premier parce que tout ce qui suit doit les voir. Chaque script peut aussi être lancé en simulation, pour voir ce qu’il ferait sans rien modifier.
Corriger ce que la version standard fait mal
Certains développements ne se voient pas, mais évitent de vrais problèmes. Un exemple : la géolocalisation, activée pour bloquer certains pays, faisait afficher à un visiteur suisse des prix sans TVA présentés comme TTC, avant de les augmenter de 20 % à la connexion. Un petit module rétablit le bon calcul sans toucher à la géolocalisation.
Autre exemple, côté vitesse : sur une catégorie, PrestaShop relançait environ 150 fois les mêmes requêtes à la base de données. Mémoriser leurs résultats le temps d’une page a supprimé ces répétitions. Je raconte cette chasse à la lenteur dans un article dédié, mesures à l’appui.
Un back-office maison comme source de vérité
Au départ, une partie du site reposait sur le constructeur de pages visuel Creative Elements. Pratique pour démarrer, mais lourd à charger et difficile à faire évoluer. J’ai progressivement remplacé ces pages par un rendu natif, alimenté par un back-office que j’ai développé à côté de celui de PrestaShop : guides, articles, revue de presse, textes par coloris, tableau de bord des marges.
Un bouton dans l’administration de PrestaShop y mène directement, et chaque nouvelle commande déclenche une notification instantanée dans une messagerie d’équipe.
Ce que je retiens
- Un module plutôt qu’une modification du cœur, pour que les mises à jour restent possibles.
- Un mode simulation pour chaque script qui modifie des données.
- Un retour arrière immédiat : désactiver un module ne doit jamais casser une page.
- Aucun identifiant ni secret dans le code d’un module, et des accès protégés pour chaque script.
- Une documentation à jour : une page d’aide interne décrit chaque script et chaque module, avec ses points d’attention. C’est elle qui permet de reprendre un développement six mois plus tard sans rien casser.
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